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Surfant sur le boom de la téléphonie mobile et la passion pour les jeux video, une société bordelaise, In-Fusio, s'est spécialisée dans la création et l'édition de jeux sur téléphones portables, un marché qui devrait peser en 2008 quelque 3 milliards d'Euros pour la seule Europe occidentale...
Selon une étude d'Analysys, une société de conseils en informatique et télécommunications, l'ensemble des marchés des jeux pour mobiles en Europe occidentale devrait décupler entre 2002 et 2008, passant de 0,2 MDE à 3 MDE.
Leader du jeu sur mobiles en Europe mais aussi en Chine, In-Fusio espère quant à elle enregistrer cette année une croissance située "entre 50 et 100%" après les 45% d'augmentation de son chiffre d'affaires sur lesquels table la société pour l'année 2004 par rapport à 2003, indique Yann Mondon, directeur de la marque. En 2003, le CA de l'entreprise avait atteint 11,3 millions d'euros, selon M. Mondon.
Installée sur la rive droite de la Garonne, In-Fusio, créée en 1998, s'est développée après la rencontre entre le fondateur de la société, Gilles Raymond, un trentenaire britannique, Giles Corbett, et Thomas Landspurg. Le trio lance alors le premier logiciel de téléchargement de jeux, potentiellement accessible sur tous les téléphones portables. Un service qui séduit des opérateurs, tels Orange, ou des constructeurs.
Depuis, les contrats se sont multipliés à travers le monde, notamment avec l'Espagnol Telefonica Moviles, l'Italien Vodaphone/Omnitel ou le Chinois China Mobile, fort de 220 millions d'abonnés. Au catalogue de la société bordelaise aujourd'hui, 90 jeux, dont certains en 3 D, accessibles chez près de 130 opérateurs.
"On dépasse allègrement les 15 millions de joueurs dans le monde", affirme M. Mondon. In-Fusio, selon lui, a enregistré depuis 2001 22 millions de téléchargements, l'unité rapportant environ 4 euros en moyenne, répartis, selon un ratio non communiqué, entre le créateur de jeux et l'opérateur.
Mais l'atout d'In Fusio -qui consacre entre 150 et 300.000 euros pour le développement d'un jeu- est de proposer, au-delà du simple téléchargement d'un match de football, d'un "Jurassik Park" ou d'un "Tomb Raider", un dialogue permanent avec les utilisateurs. Qui peuvent ainsi, par exemple, demander par SMS un niveau de jeu plus élevé, leur classement parmi les joueurs du service, un changement de personnages.
Et ces services payants assurent aujourd'hui 40% du chiffre d'affaires de la société. Dans un futur proche, In-Fusio prévoit des interactions entre joueurs, permettant par exemple à deux joueurs de disputer un match de football sur leurs portables respectifs, l'un à Paris, l'autre en Australie.
Quant aux accros, ils devraient bientôt pouvoir rester connectés à un jeu sans interruption, en le transférant d'un ordinateur à leur téléphone. L'autre grand défi de l'entreprise réside dans sa capacité à proposer à l'avenir "un véritable catalogue multimedia à partir du simple téléchargement d'un jeu", dit M. Mondon.
Pour garantir son développement, In-Fusio a racheté des sociétés, telles le studio de développement américain Cybiko, Thumbworks, basée à Los Angeles, qui produit notamment des dessins animés sur portables, ou l'Allemande Mobilescop. Aujourd'hui, 260 personnes travaillent chez In-Fusio, à Bordeaux, siège de la société, mais aussi à Shangaï, Chicago, Moscou ou Los Angeles.
Source : AFP.com publié le 2005-02-28
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