Le screenmaxxing déferle : 19h d'écran par jour, c'est possible
Pendant que certains prônent la détox digitale, d'autres poussent le temps d'écran à l'extrême. Une tendance qui interroge notre rapport aux smartphones.
Vous pensez passer trop de temps sur votre smartphone ? Détrompez-vous. Pendant que les campagnes de sensibilisation nous rappellent les dangers du temps d'écran excessif, une communauté grandissante fait exactement l'inverse. Ces utilisateurs revendiquent jusqu'à 19 heures quotidiennes devant leurs écrans.
Le screenmaxxing, nouvelle religion numérique
Le terme screenmaxxing désigne cette pratique qui consiste à maximiser volontairement son exposition aux écrans. Pas question ici d'accident ou de perte de contrôle. Ces adeptes assument pleinement leurs choix et balaient d'un revers de main toutes les recommandations sanitaires.
Comment atteindre de tels chiffres ? La recette tient du prodige logistique. Smartphone en main dès le réveil, streaming pendant les repas, écouteurs vissés aux oreilles pour les podcasts, et écran d'ordinateur ou tablette jusqu'au coucher. Certains développent même des techniques pour regarder du contenu pendant leurs déplacements (attention aux accidents).
La tech au service de l'hyperconnexion
Les constructeurs ne sont pas étrangers à cette dérive. Les derniers iPhone et Galaxy proposent des batteries qui tiennent largement une journée d'usage intensif. Les écrans OLED moins fatigants et les modes sombre encouragent aussi ces marathons numériques.
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Et que dire des smartwatches ? Apple Watch, Galaxy Watch et consorts ajoutent encore une couche d'écran à nos vies déjà saturées. Vous recevez vos notifications même quand vous laissez votre téléphone de côté.
Les dommages collatéraux s'accumulent
Bon, soyons clairs : passer 19 heures par jour les yeux rivés sur un écran n'est pas sans conséquences. Fatigue oculaire, troubles du sommeil, isolement social... la liste des effets secondaires s'allonge. Sans compter l'impact sur la posture et les troubles musculo-squelettiques.
Mais les screenmaxxeurs s'en fichent royalement. Ils estiment que les bénéfices (divertissement, information, productivité) compensent largement les risques. Une logique qui laisse perplexe quand on sait que l'OMS recommande maximum 2 heures d'écran récréatif par jour pour les enfants.
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L'industrie mobile face à ses responsabilités
Cette tendance pose des questions embarrassantes aux géants de la tech. Apple et Google ont beau intégrer des outils de contrôle parental et de limitation du temps d'écran dans iOS et Android, leur modèle économique repose sur l'engagement maximum des utilisateurs.
Les algorithmes des réseaux sociaux sont conçus pour capter et retenir l'attention. Plus vous scrollez, plus les plateformes gagnent de l'argent. Le screenmaxxing représente donc l'aboutissement logique de cette course à l'attention.
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Faut-il s'inquiéter de cette dérive ? Probablement. Mais force est de reconnaître que chacun reste libre de ses choix, même les plus discutables. Le tout est de garder un regard critique sur nos usages numériques (et peut-être de lever les yeux de temps en temps).