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OnePlus quitte les États-Unis et Android s'ennuie un peu plus

La marque qui osait bousculer les codes vient de tirer sa révérence sur le marché américain. Samsung et Google survivront, mais quelque chose se perd vraiment.

Lucas Martin 1 min de lecture
OnePlus quitte les États-Unis et Android s'ennuie un peu plus

Il y a des nouvelles qui font hausser les épaules, et d'autres qui donnent un peu le cafard. Le retrait de OnePlus du marché américain, c'est clairement la deuxième catégorie. Pas parce que la marque vendait des millions d'unités outre-Atlantique. Mais parce qu'elle représentait quelque chose d'assez rare dans ce secteur : une volonté réelle de faire différemment, sans forcément demander la permission.

Ce que OnePlus faisait que les autres ne faisaient pas

Rappelons-nous. À ses débuts, OnePlus vendait ses téléphones sur invitation uniquement. Le OnePlus One, sorti en 2014, proposait des specs haut de gamme autour de 269 euros. À une époque où les flagships Samsung et Apple frôlaient déjà les 700 ou 800 euros, c'était presque une provocation. Et ça a marché.

La marque a continué sur cette lancée pendant plusieurs années, en construisant une communauté de fans particulièrement soudée. (Honnêtement, peu de marques Android peuvent se vanter d'avoir eu des utilisateurs aussi impliqués.) Elle testait des interfaces, poussait OxygenOS dans des directions que Samsung avec One UI ne prenait pas, innovait sur la charge rapide avec sa technologie Warp Charge. Ce n'était pas parfait, loin de là, mais c'était vivant.

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Une dérive lente, puis la sortie

Mais quelque chose a changé quand OnePlus s'est rapprochée de plus en plus d'Oppo, sa maison mère. OxygenOS a progressivement fusionné avec ColorOS, effaçant une partie de ce qui rendait l'expérience OnePlus distincte. Les prix ont grimpé. Le OnePlus 12, vendu autour de 899 euros en Europe, ne ressemblait plus vraiment à une alternative audacieuse. C'était un bon téléphone. Juste un bon téléphone.

Et aux États-Unis, les problèmes se sont accumulés différemment. Les tensions commerciales entre Washington et les entreprises chinoises ont rendu la distribution compliquée. Les opérateurs américains, qui contrôlent une large part des ventes de smartphones, n'ont jamais vraiment intégré OnePlus dans leurs offres. Sans ce canal de distribution, difficile de peser face à Samsung ou Apple.

Bon, on peut aussi dire les choses clairement : OnePlus n'a pas réussi à convaincre assez d'Américains d'acheter ses téléphones en dehors des circuits classiques. La marque n'a jamais vraiment percé au-delà d'un public d'enthousiastes tech. C'est un échec commercial, autant qu'une décision stratégique.

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Android perd une voix qui comptait

Ce qui est dommage, c'est ce que ça dit du marché Android aux États-Unis aujourd'hui. Concrètement, qui reste pour challenger Samsung et Google ? Motorola joue la carte de l'entrée de gamme accessible. Nothing essaie quelque chose d'intéressant avec son design transparent, mais sa présence américaine reste marginale. Et les autres marques chinoises comme Xiaomi ou Realme sont quasiment absentes du marché américain pour des raisons politiques évidentes.

Résultat : les consommateurs américains qui veulent un smartphone Android haut de gamme n'ont plus vraiment de surprise possible. Soit un Galaxy S25 autour de 899 euros, soit un Pixel 9 autour de 1 099 euros. Ce sont deux excellents appareils, personne ne dit le contraire. Mais la concurrence qui pousse à se dépasser, à oser, à proposer quelque chose d'inattendu, elle s'amincit sérieusement.

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En Europe, OnePlus continue d'exister et de vendre ses appareils. Le marché n'est pas mort de ce côté-ci de l'Atlantique. Mais l'épisode américain ressemble à un avertissement. Les marchés fermés, dominés par deux ou trois acteurs ultra-puissants, finissent toujours par devenir prévisibles. Et la prévisibilité, c'est rarement une bonne nouvelle pour ceux qui aiment vraiment les smartphones.

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